Pièges et intérêts de la Gouvernance Ouverte

La gouvernance ouverte (Open Governance) est un modèle de pilotage de l’entreprise qui cherche à dépasser une gouvernance centrée exclusivement sur les dirigeants et les actionnaires. Elle repose sur l’idée que les décisions stratégiques sont plus pertinentes, plus légitimes et plus robustes lorsqu’elles sont élaborées de manière transparente, participative et responsable, en associant les parties prenantes concernées.

L’entreprise devient plus résiliente en partageant davantage d’informations sur :

  • sa stratégie ;
  • ses performances ;
  • ses risques ;
  • ses décisions ;
  • ses impacts sociaux et environnementaux.

Il ne s’agit pas de tout rendre public, mais de rendre les décisions compréhensibles. Les salariés mais aussi parfois les clients, fournisseurs ou territoires peuvent contribuer à certaines décisions.

Les modalités sont diverses :

  • Co conception, partage de certains risques avec les clients ;
  • ateliers collaboratifs ;
  • consultations internes et externes ;
  • intelligence collective ;
  • budgets participatifs ;
  • groupes de travail mixtes ;
  • communautés de pratique ;
  • management visuel ;

La recherche contribue à de nouvelles formes de gouvernances. Le projet d’Indice de Démocratisation des Organisations (IDO) en est un exemple en cherchant à mesurer les entreprises les plus ouvertes.

En se concentrant sur les enjeux réels et prioritaires, les dirigeants rendent compte :

  • des décisions prises ;
  • des résultats obtenus ;
  • des écarts ;
  • des impacts.

L’objectif est de réduire les angles morts. La gouvernance cherche à intégrer la diversité par l’inclusion :

  • les différentes fonctions (opérateurs, managers, IRP, clients internes…) ;
  • les métiers ;
  • les générations ;
  • les idées et les débats ;
  • les essais, les erreurs et les REX ;
  • parfois les parties prenantes externes (clients, usagers, fournisseurs, sous-traitants, générations futures, non-vivant…).

Une gouvernance ouverte ne signifie donc pas que tout le monde décide de tout. Toutes les décisions ne sont pas ouvertes au même degré.

Basée sur une transparence plus importante, la Grouvernance Ouverte réduit :

  • les rumeurs ;
  • la défiance ;
  • les conflits inutiles.

Elle écoute davantage et détecte plus vite :

  • les signaux faibles ;
  • les risques ;
  • les opportunités.

Les risques d’une Gouvernance Ouverte mal maîtrisée

Une gouvernance ouverte mal conçue peut conduire à :

  • une lenteur décisionnelle ;
  • une inflation des réunions ;
  • une dilution des responsabilités ;
  • une illusion de participation (“on consulte mais tout est déjà décidé”) ;
  • des conflits si les règles ne sont pas explicites.

Elle se règle et se régule à partir de responsabilités et autorités claires que l’on peut formaliser simplement avec un RACI

Les facteurs clés de succès

Une gouvernance ouverte fonctionne lorsqu’elle repose sur :

  • une vision stratégique claire, portée par la direction ;
  • une répartition explicite des droits de décision ;
  • une transparence adaptée (sans divulguer les informations sensibles) ;
  • une culture de confiance et de responsabilité ;
  • des compétences en intelligence collective et en animation ;
  • des mécanismes d’évaluation pour mesurer l’efficacité des décisions.

En pratique, les organisations les plus performantes ne cherchent pas à « tout ouvrir ». Elles ouvrent les bons sujets, aux bonnes personnes, au bon moment, tout en conservant une responsabilité décisionnelle clairement assumée.

C’est aussi l’application du Principe de Subsidiarité : « Ne jamais faire à un niveau supérieur ce qui peut être fait efficacement à un niveau inférieur. ». Le niveau supérieur n’intervient que lorsque le niveau inférieur ne peut pas traiter efficacement la situation.

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