Travailler c'est échouer !

Pour le Professeur Dejours (psychiatre et psychanalyste français, fondateur de la psychodynamique du travail), « Travailler, c’est échouer » signifie que le travail commence précisément lorsque les prescriptions ne suffisent plus : l’échec face au réel oblige le professionnel à mobiliser son intelligence, son expérience et sa créativité pour produire malgré tout un travail de qualité.

Toute organisation définit des procédures, des normes, des objectifs et des modes opératoires. C’est ce que le Professeur Dejours appelle le travail prescrit.

Mais le travail prescrit n’est jamais le travail réel

Dans la réalité, le salarié rencontre toujours des imprévus :

  • des machines qui ne réagissent pas comme prévu ;
  • des clients aux demandes inattendues ;
  • des informations incomplètes ;
  • des contraintes de temps contradictoires ;
  • des collègues absents ;
  • des règles incompatibles entre elles.

Le réel résiste toujours à ce qui a été planifié.

L’échec est la première rencontre avec le réel

Lorsque le salarié applique scrupuleusement les procédures, il découvre rapidement qu’elles ne suffisent pas.

Il “échoue” au sens où :

  • la procédure ne permet pas d’atteindre le résultat attendu ;
  • le plan imaginé ne fonctionne pas parfaitement ;
  • il faut inventer autre chose.

Cet échec n’est pas une faute. Il est la preuve que le travail commence réellement.

Travailler consiste à inventer

Le travail consiste alors à :

  • improviser ;
  • arbitrer entre plusieurs contraintes ;
  • coopérer avec les autres ;
  • mobiliser son expérience ;
  • prendre des initiatives parfois invisibles.

C’est cette intelligence pratique que le Professeur Dejours appelle parfois l’intelligence du travail réel.

Autrement dit, le travail n’est pas l’application d’une procédure ; c’est l’invention permanente de solutions face aux limites de cette procédure.

Pourquoi cette idée est importante ?

Selon le Professeur Dejours, beaucoup d’organisations évaluent uniquement :

  • les résultats ;
  • les indicateurs ;
  • le respect des procédures.

Elles oublient tout le travail invisible qui permet justement d’obtenir ces résultats.

Lorsque cette intelligence du travail réel n’est pas reconnue :

  • les salariés ont le sentiment que leurs efforts ne comptent pas ;
  • ils perdent la fierté du travail bien fait ;
  • la souffrance au travail augmente.

À l’inverse, reconnaître que chacun doit sans cesse surmonter les limites du travail prescrit permet de mieux valoriser les compétences réelles et de favoriser la coopération.

C’est là que commence la compétence. Par l’apprentissage de la difficulté ou de l’échec. Pas d’échec, pas de compétence !!!

Il faut partager ce réel au risque que chacun ai sa propre vérité sur le travail (conflits entre directions, clients et terrain).

C’est là que commence l’intelligence collective et la coopération autour des parties intéressées pertinentes. L'individualisme nous a fait perdre nos capacités à coopérer :

La coopération est aussi gratuite et sans obsolescence

Elle ne s'use que quand on ne s'en sert pas.

Elle prévient les risques et les problèmes bien plus en amont que les procédures.

Si vous souhaitez mesurer la capacité de vos équipes à coopérer, utilisez les outils suivants : https://www.synergiesconseil.com/evaluez-vous

C’est là que se cachent les coûts sociaux internes. Retrouvez mon blog "Tous les dirigeants devraient connaitre ces chiffres"


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